le 5 mai 2026
Par Peace Ahovi

WASCAL poursuit son engagement en faveur d’une recherche climatique appliquée, portée par les étudiants et orientée vers les grands défis environnementaux en Afrique de l’Ouest. A cet effet, Mme Akoté M’kawata Ahounga, étudiante de nationalité togolaise de la quatrième promotion du Programme de Master Recherche en Changement climatique et Sciences marines, a soutenu avec succès son mémoire de Master sur l’évolution à long terme des mangroves et des zones humides en lien avec les paramètres climatiques le long de la côte togolaise.
Son travail s’est appuyé sur une analyse géospatiale avancée, à partir de données satellitaires Sentinel-2 traitées avec Google Earth Engine. Il a également mobilisé des cadres d’analyse reconnus, notamment l’évaluation de la vulnérabilité selon l’approche du GIEC et le modèle DPSIR. Cette démarche a permis d’étudier l’évolution de l’occupation des sols, les risques climatiques et l’efficacité des efforts de restauration.
Les résultats montrent une légère progression de la couverture des mangroves, mais aussi un recul important d’autres types de zones humides au fil du temps. Malgré cette progression, les mangroves demeurent particulièrement exposées aux risques climatiques, en raison notamment de certaines insuffisances en matière de gouvernance, des pressions économiques et de l’évolution des conditions climatiques. L’étude met également en évidence d’autres facteurs de dégradation, tels que la pollution, la déforestation et les changements hydrologiques, qui affectent les écosystèmes et réduisent les services qu’ils rendent aux populations.
Les actions de restauration en cours ont produit des effets positifs à l’échelle locale, notamment sur la qualité de l’air et le retour progressif de la biodiversité. Toutefois, l’étude souligne encore des insuffisances dans la gouvernance, la participation des parties prenantes et la planification des interventions. Les communautés locales ont notamment relevé leur faible implication dans les processus de restauration, ainsi qu’un manque d’évaluations préalables, en particulier pour les zones humides associées aux mangroves.
Cette recherche apporte des éléments importants pour mieux orienter la gestion durable du littoral togolais. Elle rappelle aussi la nécessité de s’appuyer sur des données fiables, une meilleure implication des communautés et des approches inclusives pour restaurer les écosystèmes et renforcer l’adaptation au changement climatique. À travers ce travail, WASCAL réaffirme son engagement à renforcer les capacités scientifiques et à soutenir des solutions fondées sur la connaissance pour la durabilité environnementale en Afrique de l’Ouest.


